Près de Larissa, en Grèce, le pont de Palaiopyrgos s'est affaissé pendant la tempête Daniel de septembre 2023. Sa travée centrale flotte aujourd'hui à quelques centimètres du fleuve Pineios. Sauf que les applications de navigation, elles, l'ignorent complètement et continuent d'y envoyer voitures, tracteurs et touristes, faute de mise à jour de leurs cartes.
Un pont fantôme, toujours ouvert en ligne
L'histoire remonte à septembre 2023, quand la tempête Daniel s'est abattue sur la Thessalie avec des pluies d'une rare violence. La région a perdu 79 ponts, et celui de Palaiopyrgos fait partie des victimes, avec une partie centrale qui s'est enfoncée jusqu'à toucher presque la surface du Pineios. L'ouvrage est officiellement fermé depuis. Sur place, il n'y a pourtant que quelques panneaux d'avertissement, souvent ignorés, et aucune barrière capable d'empêcher réellement le passage. Près de trois ans plus tard, rien n'a été reconstruit, et des drones filment toujours des véhicules qui traversent la structure affaissée.
Pourquoi votre GPS continue d'y envoyer tout le monde
Le fonctionnement d'une application de navigation explique en partie la situation. Un GPS ne perçoit pas l'état réel de la route, il lit une base de données cartographiques alimentée par des données officielles et, dans le cas de Waze par exemple, par les signalements des utilisateurs. Quand une fermeture n'a pas été transmise puis intégrée dans ces bases, le trajet reste valide aux yeux de l'application, qui peut même le recommander en priorité parce qu'il est le plus court. Un pont détruit dans la réalité peut donc rester praticable sur la carte pendant des mois. Des touristes se retrouvent ainsi conduits droit vers le fleuve avant de devoir faire demi-tour au dernier moment.
Les habitants, eux, savent très bien
Pour les riverains et les agriculteurs, le contexte n'a rien à voir. Ils connaissent l'état du pont et choisissent malgré tout de le franchir. L'itinéraire de contournement par la route nationale ajoute entre 25 et 40 kilomètres, un détour coûteux en temps et en carburant quand il faut le répéter plusieurs fois par jour. Beaucoup préfèrent donc passer, parfois avec un tracteur, sur une travée qui menace pourtant de céder. Après la diffusion des images par les médias grecs, les autorités envisageraient enfin d'installer de véritables fermetures physiques.
On en dit quoi ?
Cette histoire illustre bien la confiance qu'on accorde sans réfléchir à nos GPS. On suit l'indication à l'écran sans se demander à quand remonte la dernière mise à jour de la carte, alors qu'une carte numérique n'est jamais qu'un instantané qui peut dater. Pour tout vous dire, j'habite à Clermont-Ferrant, et les routes à sens unique change tous les deux jours, autant vous dire qu'utiliser un GPS dans cette ville est aussi un enfer.